Projet NEOVAC : Le comité de pilotage tient sa deuxième réunion

November 24, 2017

L’ensemble des partenaires du projet  NEOVAC se sont réunis le 20 novembre à Ouagadougou au Burkina FASO pour discuter des premiers résultats de ce projet et envisager la mise en œuvre prochaine de la seconde phase du projet. 

Lancé en février 2017, NEOVAC (vaccination néonatale contre l’hépatite B) vise à développer une stratégie pérenne d’intervention communautaire pour vacciner contre l’hépatite B dans les 24h après la naissance et à améliorer les pratiques de soins néonataux. 

L'Agence de Médecine Préventive (AMP), à travers le Labo Mixte de Vaccinologie (LAMIVAC), assure l'implémentation de ce projet au Burkina Faso et plus précisément dans le district sanitaire de Dafra (région des Hauts-Bassins). Cette seconde réunion du Comité de Pilotage a donc permis de discuter des résultats de la phase préliminaire et ouvre ainsi de belles perspectives pour une vaccination plus large des populations du Burkina Faso.

L’hépatite B est une infection virale du foie qui peut être à l’origine de maladies aiguës ou chroniques et exposer les personnes infectées à un risque important de cirrhose, de cancer et de décès. Selon l’OMS, 6,1% de la population africaine porteuse chronique de ce virus. Au Burkina-Faso, selon une enquête conduite par la Centre Muraz en 2010, la prévalence de l’hépatite B dans la population générale est estimée à 9,1%. 

La majorité des porteurs chroniques du virus de l’hépatite B atteints sont infectés par leur mère au moment de la naissance. Pour prévenir cette transmission, l’OMS recommande depuis 2009 de vacciner les nouveau-nés dans les 24h suivant la naissance avec un vaccin monovalent. Cependant, à ce jour, dans de nombreux pays d’Afrique cette vaccination précoce n’est pas disponible ; le vaccin de l’hépatite B est donné sous forme de vaccin combiné à partir de 6 ou 8 semaines de la vie. 

L’Institut Pasteur coordonne depuis 2015, en partenariat avec l’Institut Pasteur de Dakar et le LAMIVAC, un programme de recherche dont l’objectif est d’identifier la meilleure stratégie localement adaptée et durable qui permettrait d’avoir une bonne couverture vaccinale contre l’hépatite B à la naissance au Burkina-Faso.

Pour cela, une vaste enquête épidémiologique, coordonnée par le LAMIVAC, en partenariat avec le Centre Muraz de Bobo Dioulasso, a été conduite entre février et juin 2017 dans le district sanitaire de Dafra où vivent près de 46 000 habitants. L’objectif principal était de déterminer les proportions d’accouchements à domicile et de nouveau-nés vaccinés. Cette enquête a été complétée par une étude anthropologique qui s’est attachée à décrypter quel était le recours aux soins des femmes durant leur maternité, les soins des nouveau-nés et le rapport à la vaccination. Les connaissances liées à l’hépatite B ont également été étudiées.

L’enquête a montré que près de 90% des femmes accouchent dans des structures de santé. Un résultat très positif sur lequel l’équipe de chercheurs va s’appuyer pour développer, dans la seconde phase du projet, une stratégie pour avoir une bonne couverture de la vaccination à la naissance en tenant compte des spécificités de la population et du système de santé local.

Parallèlement, une étude socio-économique sera réalisée pour estimer le coût de la mise en œuvre de cette vaccination.