Démonstration d'une pose de sonde nasale, projet PneumoTone

L'infection à pneumocoques est une des principales causes de décès chez les enfants et les adultes dans le monde. Elle est causée par une bactérie commune, le Streptococcus pneumoniae ou pneumocoque. L'infection peut entraîner une pneumonie et des infections au niveau du cerveau et du sang. Parmi les 1,6 millions de personnes estimées qui meurent chaque année de cette maladie, on peut compter jusqu’à 1 million d’enfants de moins de cinq ans.

La vaccination constitue le moyen le plus efficace pour prévenir les maladies à pneumocoques. Les vaccins confèrent une immunité contre certaines des souches (ou sérotypes) du pneumocoque; il en existe plus de 90. En 2000, les États-Unis ont opté pour un vaccin conjugué heptavalent (VPC-7) destiné aux nourrissons et aux jeunes enfants, et depuis lors celui-ci a été adopté par de nombreux pays industrialisés. Le vaccin, qui protège contre les sept sérotypes les plus courants en Amérique du Nord, s'est révélé très efficace pour la réduction de l'incidence des maladies pneumocoques graves chez les enfants de moins de cinq ans. En conséquence, de nombreux pays en développement ont exprimé leur intérêt auprès de Gavi, l'Alliance du Vaccin pour adopter ce vaccin.

Toutefois, les VPC actuels ne sont pas efficaces contre certains des sérotypes associés à la maladie invasive à pneumocoques dans les pays à faible revenu, y compris contre certains qui sont courants chez les enfants plus grands, les adultes en âge de travailler (18 à 64 ans) et les personnes âgées. Des vaccins qui contiennent des sérotypes supplémentaires sont donc mis au point pour améliorer la protection des enfants et des adultes dans les pays à faible revenu, où se produisent la plupart des décès dus aux pneumocoques.

Avant l'introduction du vaccin, il est important d’opérer une surveillance pour évaluer l'importance de la maladie à pneumocoques. Cette information est nécessaire pour identifier la valeur potentielle du vaccin et pour mesurer l'impact futur de la vaccination. Malheureusement, dans la plupart des régions de l’Afrique, il est très difficile d’obtenir des données de surveillance de qualité concernant la maladie à pneumocoques. Cela est dû à la complexité des méthodes diagnostiques, qui représente un défi pour la plupart des systèmes de surveillance de routine.

C’est dans ce contexte que l'AMP collabore avec le ministère togolais de la Santé pour mener une étude de surveillance, baptisée « PneumoTone », dans le district de Tône (partie nord du Togo). L'objectif est d’identifier des constantes dans les caractéristiques de la maladie, telles que l'âge et la répartition des sérotypes. Ces données permettront aux autorités sanitaires togolaises de prendre des décisions éclairées concernant le choix de la stratégie vaccinale. Elles fourniront également les premières estimations de l’impact de la pneumonie basées sur la population dans la ceinture africaine de la méningite.  

PneumoTone 2

Renouvelé pour trois ans et demi par la Bill & Melinda Gates Foundation, la phase 2 du projet PneumoTone est lancée en 2014 à partir des données collectées lors du projet PneumoTone.
PneumoTone 2 a pour objectif d’évaluer l’impact du PCV 13 sur les pneumonies et méningites à pneumoccoque dans tous les groupes d’âge du district de Tône au Togo après l’introduction du vaccin.