Les contraintes majeures à la vaccination universelle des enfants du Burkina Faso sont le manque de suivi et contrôle des naissances et du parcours des enfants dans le PEV. Parmi les facteurs influençant la non vaccination des enfants, l’ignorance des mères - notamment leur ignorance du lieu et de l’heure des séances de vaccination- est citée dans 47% des cas.

La mise en place d’un « Registre Informatisé de Vaccination » (RIV) permettrait de gérer individuellement, par informatique, le parcours vaccinal de chaque nouveau-né. Son association avec un système de rappel automatique par messages écrits transmis par téléphone portable (SMS) assurerait la meilleure information des mères sur les rendez-vous avec les services de vaccination et la meilleure préparation des activités par les agents vaccinateurs.

L’une des conditions nécessaires pour la mise en place d’un tel système est la capacité des mères à recevoir et à interpréter un SMS provenant du système de santé. Notre enquête avait pour but d’évaluer l’accessibilité des mères dans les zones urbaines de Bobo-Dioulasso au moyen de SMS.

L’enquête transversale a eu lieu en Juin 2011 avec l’accord du Comité d’Ethique National. Deux cent dix mères d’enfants de 0 à 5 ans, résidant à Bobo-Dioulasso, Burkina Faso, ciblées par l’enquête, ont été sélectionnées au moyen d’un sondage en grappe à deux degrés. 

Les résultats ont montré que la plupart des mères (95,7%) avaient accès à un téléphone cellulaire soit directement (qui leur appartient) soit indirectement (par l’intermédiaire d’un proche). Parmi les 142 mères (67,6%) possédant un téléphone cellulaire ; plus des 3/4 peuvent lire des SMS en français. Parmi les 28,1% de mères disposant d’un accès indirect à un téléphone cellulaire, 95% pouvaient se faire communiquer un SMS par leur proche.

Au total, 94,3% des mères d’enfants de 0-5 ans de la zone pouvaient recevoir une information écrite (SMS) ou vocale (SMS vocal) par téléphone cellulaire et 100% des mères disposant d’un téléphone étaient prêtes à communiquer leur numéro aux services de santé.

Ces résultats montrent que ce mode de communication simple peut être développé par les systèmes de santé dans les zones urbaines des pays à faible revenu. La communication par SMS avec la population pourrait être utilisée dans des occasions diverses (rappel de rendez-vous, information de la disponibilité de résultats d’examens/de produits, alerte sanitaire, communication en santé…). Elle permettrait de réduire les déplacements inutiles et les pertes financières qui en sont liées.

La phase suivante consiste en la finalisation d’un protocole pour la mise en œuvre d’un projet pilote consistant à évaluer la faisabilité et l’impact économique de l’association d’un registre informatisé de vaccination associé à un système de rappel automatique par SMS dans la ville de Bobo-Dioulasso.